Camin Larredya

 
Jean-Marc Grussaute
 
 
Vignoble du pièmont pyrénéen
Voilà une vingtaine d’année que ma mère et moi cultivons de concert notre colline, notre vigne.
Ce site, voué à la culture de la vigne et à la production de vin, nous le regardons aussi et avant tout comme étant le cadre de notre vie, avec sa dimension sociale et culturelle, son lien à la terre béarnaise, nous l’assumons avec enthousiasme.
La lecture de notre environnement, de notre terre se fait aujourd’hui exhaustive et précise et nous permet d’offrir à la découverte, notre lieu, notre vin et leur histoire.
Même renforcée, notre équipe ne perd pas de vue la dimension familiale et humaine de notre activité, les gestes de chacun et leur sens servent la cause du terroir et sa pérennité.
Nous sommes vignerons et acteurs de notre environnement.
                                                Jean-Marc Grussaute
 
Histoire de notre vignoble pyrénéen

14ème siècle : mention est faite du feu « Larredya » sur le sencier de Gaston Phébus.
1900 : Jean GRUSSAUTE achète le vignoble et la ferme « Larredya » pour assouvir son rêve de retour à la terre, l’exiguïté de la ferme natale d’Arthez l’avait d’abord poussé vers la profession d’aubergiste cocher, rue Carnot à Pau.
Milieu du 19ème siècle : François et Sophie GRUSSAUTE se tournent vers l’élevage bovin et la culture d’arbres fruitiers.
1964 : Jean et Jany GRUSSAUTE lancent la production de fraises sur les coteaux à vignes, ou le micro climat assurera une production de grande qualité
1970 : Ils commencent à reconstruire le vignoble avec des plantations en terrasses de gros et petit manseng, les raisins seront livrés en partie à la coopérative.
1975 : Stage d’initiation à l’œnologie et première mise en bouteille à la propriété.
1983 : disparition de Jean et abandon de la fraisiculture. Jany entretiendra le vignoble (4 ha) et vinifiera une partie des raisins.
1988 : arrivée de Jean-Marc (20 ans), leur fils, sur le vignoble après des études en viticulture et œnologie. Retrait de la coopérative et démarrage d’un nouveau programme de plantations.

Jurançon - Costat Darrèr
Il est demandé à ce vin moelleux d’exprimer un fruité net et démonstratif sur un registre plutôt confit, d’être parfaitement équilibré entre liqueur et acidité, et de présenter une richesse le rendant apte à la moyenne garde.
La vendange va donc chercher les états de surmaturité du milieu de l’automne (raisins flétrissants, concentration des sucres et des goûts) ; les cépages sont le gros manseng (2/3) et le petit manseng. 
La vinification est ventilée entre cuves inox, préservant le fruité du raisin, et barriques de chêne, conférant volume et rondeur au vin.
Sa dégustation est principalement apéritive, ou avec du foie gras, du fromage de brebis...
"Costat Darrèr"
(coté arrière), c’est le côté ouest auquel « l’austau » tourne le dos. Les raisins de gros et de petit manseng sont récoltés fin octobre et mi-novembre. (Altitude 300 à 325 m). On leur adjoint les raisins de la parcelle de Mme Pédeflous.
Jurançon sec"a l’esguit"
(à la pointe du jour) on trouve les gros manseng, petit manseng et petit courbu récoltés mi-octobre, pour le Jurançon sec. C’est une orientation sud, de 250 à 300 m d’altitude, protégée des courants d’ouest par la colline au sommet de laquelle on trouve « l’oustau » (la maison) et les chais. (Altitude 320 m).

Encépagement
 
Gros Manseng
cépage local pour la vinification de vin blanc sec ou de vin blanc moelleux en vieilles vignes. 200 à 300 gr de sucres par litre de jus. 30 à 60 hl par hectare. Petit grain. Apte au passerillage. 30% de l’encépagement aromatique et structuré.
Petit Manseng
cépage local à l’origine des grands moelleux de JURANÇON. 260 à 450 gr de sucres par litre de jus. 15 à 25 hl par hectare. Grande aptitude au passerillage. 60% de l’encépagement riche, expressif et structuré.

Petit Corbu 
cépage local utilisé, ici, dans l’assemblage des vins blanc sec où il amène sa rondeur, sa délicatesse aromatique et une touche de minéralité. Peut-être vinifié en moelleux. 10% de l’encépagement. LA VIGNE

Le sol
le travail du sol se fait plus paysan, plus terrien : le respect de sa vie propre reste essentiel et se renforce avec de nouvelles observations, de nouvelles connaissances. Les racines du cep y vont puiser profondément toutes les subtilités qui signent les terroirs.
La démarche trouve sa concrétisation par l’application de la méthode Hérody (approche globale de la « santé du sol ») et par la consultation du calendrier lunaire.
Concrètement et pèle mêle voilà ce qu’il se passe au gré des saisons :
travail du sol et/ou enherbement par céréales et/ou légumineuses entre les rangs.
travail du sol et désherbage mécanique sous le rang.
apports possibles de compost et/ou roches naturelles.

La vigne
La conduite de la vigne se fait, elle, plus jardinière avec la multiplication des passages manuels pour accompagner la pousse et limiter fortement la sensibilité aux maladies.
Les décoctions de plantes ou l’algues viennent en appui de la bouillie bordelaise et du soufre pour contenir à un niveau acceptable la pression des maladies parasitaires.
La sincérité du fruit, de ces raisins, trouve son prolongement dans les pratiques douces et patientes qui feront le vin, l’attention est permanente.

Méthodologie de la vignification
Le grain est pressé entier, doucement et longuement ; le moût fermente naturellement, sous contrôle des paramètres essentiels : température du chai, vitalité de la fermentation.
L’élevage du vin, pour l’essentiel en barriques, est dans un premier temps plutôt dynamique (remise en suspension des lies), puis plutôt dormant dans la fraîcheur du chai quand, dehors, c’est l’été.